Le machine learning au service des insectes

Recherche Publié le 23/06/2020

Zoom sur l’Intelligence Artificielle au profit de l’humanité et du bien social

 

C’est la thématique du projet des chercheurs et entrepreneurs de l’Ecole Charles Kantor, Léonard Boussioux, Brice Rauby, Emmanuel Jehanno qui viennent tout juste de remporter le premier prix de la branche étudiante IEEE, la plus grande organisation de recherche mondiale dédiée à l’avancement de la technologie pour l’humanité. Avec la création de leurs algorithmes état-de-l’art, ils proposent d’allier la science citoyenne à la technologie pour une solution environnementale et sociale d’envergure inédite dans la compréhension et la conservation de la biodiversité.

Leur promesse ?

Recenser à grande échelle les changements démographiques de populations animales en commençant par les insectes dont les dynamiques sont parmi les plus méconnues. Leur vision est d’exploiter et de rassembler les observations citoyennes contribuant à recueillir des données sur la faune sous la forme de crowdsourcing. Ils partagent ensuite ces données à des établissements scientifiques reconnus, l’idée étant la création d’un nouvel outil à grande échelle pour améliorer l'évaluation du changement démographique des insectes et leur classification automatique.

L’impact ?

Un changement démographique de quelques espèces d’insectes seulement peut avoir des  conséquences environnementales, économiques et sociales désastreuses. D’après leurs dires, les populations d’insectes ont décliné de 80% en 30 ans, mais seulement une seule étude a pu être réalisée à cause de la difficulté de collecter des données sur le long terme. Si des solutions doivent être urgemment proposées, elles ne peuvent être efficaces que si les scientifiques comprennent exactement les causes du déclin, ce qui n’est pas le cas. Les scientifiques manquent cruellement de données et la collection d’une base de données complète et internationale est nécessaire de prime abord. Nos étudiants proposent donc, en plus de développer des plateformes de crowdsourcing à grande échelle, de déployer des caméras autonomes dans la nature afin de surveiller des massifs de fleurs ou bien le bon développement de cultures agricoles, afin d’embarquer en temps réel et en permanence un œil d’expert grâce à leurs technologies dernier-cri. Parmi leurs premiers collaborateurs se trouvent des grandes figures de la recherche mondiale, comme le CNRS, le Muséum d’Histoire Naturelle de Paris, le Mila et l’Insectarium de Montréal.

Leur vision ?

Offrir la possibilité à chaque jardin, chaque parc et chaque culture agricole de connaître l’abondance et la distribution des insectes en temps réel afin d’offrir les outils nécessaires pour freiner la disparition des insectes, surveiller les espèces invasives et monitorer les changements démographiques atypiques. L’ambition ne saurait tarder à devenir virale et à viser les villes fleuries du monde entier et leurs cultures et jardins botaniques.