Former aujourd’hui les ingénieurs capables d’évoluer demain

Face à des métiers qui se transforment rapidement, CentraleSupélec fait évoluer son offre de formation pour mieux préparer ses étudiants aux réalités professionnelles de demain. Bachelors internationaux, nouveaux cursus d’ingénieurs de spécialité conçus avec les entreprises : Franck Richecœur, Directeur de la formation, explique comment l’École adapte ses formations tout en développant les compétences nécessaires pour évoluer dans des environnements professionnels complexes. 

Le 18 octobre 2026 #Formation
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  • Ouvrir des Bachelors accessibles dès le post-bac constitue une évolution importante pour une école historiquement centrée sur la formation d’ingénieurs. Pourquoi CentraleSupélec a-t-elle fait ce choix et qu’est-ce que cela change dans son modèle de formation ?  

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    Franck Richecoeur

    Ouvrir des Bachelors dès le post-bac, c'est d'abord pour CentraleSupélec une façon d'attirer de nouveaux publics, en particulier des jeunes très internationaux qui ne passent pas par les classes préparatoires françaises. Nous ne cherchons pas à faire une formation moins exigeante. Nous voulons décliner l'esprit de l'ingénieur généraliste pour ces étudiants, avec le même niveau d'exigence académique et le même rapport aux problèmes complexes auxquels les ingénieurs sont confrontés. Cela nous oblige à repenser notre modèle de formation. Nos promotions sont plus hétérogènes, avec des étudiants venus de systèmes éducatifs et de parcours très différents, et nous devons les accompagner autrement. Nous construisons donc un nouveau modèle, qui associe des bases scientifiques solides à une exposition concrète aux réalités du monde. L'objectif est de former des esprits capables d'aborder avec pragmatisme les grands défis complexes de notre époque.

     

    Ces Bachelors sont construits avec des partenaires académiques internationaux, notamment McGill University (Canada), BITS Pilani (Inde) et City University of Hong Kong (Hong Kong). Qu’apportent ces partenariats à la formation des étudiants et à CentraleSupélec ?

    Travailler avec des partenaires comme McGill University, BITS Pilani et City University of Hong Kong nous oblige à confronter nos pratiques et à réinterroger les raisons pour lesquelles nous faisons ce que nous faisons. Ensemble, nous concevons des programmes réellement internationaux, en réduisant le biais culturel que nous aurions si nous restions seuls. Ces établissements ont aussi une longue expérience de l'enseignement post-bac, ce qui est précieux pour nous qui débutons sur ce terrain. Leurs formations s'appuient souvent sur la recherche et les projets en laboratoire, ce qui complète bien notre ancrage dans le monde socio-économique et l'entrepreneuriat. Pour les étudiants, cela signifie évoluer dans des cadres académiques et culturels différents, et apprendre à travailler naturellement dans des environnements internationaux et multiculturels.

     

    Le lien avec les entreprises est également pensé dès la conception de ces Bachelors, avec par exemple Orange Business India ou Safran Electronics & Defense India. Comment construisez-vous cette continuité entre formation, partenaires académiques et entreprises, dans différents pays ? Et qu’est-ce qu’elle apporte aux étudiants ?  

    Les entreprises connaissent encore mal ces nouveaux publics. Une partie de notre rôle est donc de les leur présenter et de construire avec elles une relation nouvelle, en complément de notre Career Center. Cette relation se construit autour des étudiants eux-mêmes, qui assurent cette continuité : ce sont eux qui parlent pour l'École, en montrant leurs compétences sur le terrain lors de stages, de learning expeditions et de rencontres. Un étudiant indien qui a connu Safran ou Orange en Inde retrouvera ces entreprises en arrivant en France. Son insertion professionnelle se prépare ainsi dès le début de sa formation.

     

    Cette volonté de rapprocher formation et monde professionnel se retrouve dans les six nouveaux cursus d’ingénieurs de spécialité, conçus avec des entreprises. Quels besoins ont conduit à leur création ?

    CentraleSupélec a une forte culture de l'ingénieur généraliste, fondée sur des connaissances scientifiques solides. Nous avons constaté deux besoins complémentaires. D'un côté, certains étudiants ont des attentes très ciblées et veulent s'engager tôt dans un domaine précis. De l'autre, certains secteurs industriels font face à des enjeux techniques majeurs pour rester à la pointe. Les cursus de spécialité répondent à ces deux attentes. Nous les avons conçus avec les entreprises concernées, en gardant le niveau d'exigence scientifique qui fait l'identité de l'École.

     

    Comment concevoir des formations qui répondent aux besoins des entreprises tout en préparant les étudiants à des métiers et des technologies en constante évolution ?

    Nos formations ne visent pas à répondre aux besoins ponctuels du quotidien. Elles préparent les étudiants à évoluer dans des environnements professionnels complexes, où il faudra inventer de nouvelles solutions à des problèmes nouveaux. Pour cela, les formations apportent des bases physiques et scientifiques qui resteront vraies tout au long d'une carrière. Sur ce socle se construisent une pratique, des méthodes et une façon de penser qui permettent d'innover et d'avancer face à la complexité. Les technologies changent, mais cette capacité d'adaptation reste.

     

    1. Plus largement, comment faire évoluer l’offre de formation pour que les diplômés soient capables non seulement de s’insérer dans un monde professionnel en transformation, mais aussi de contribuer à le faire évoluer ?  

    Le défi de la construction d’une offre de formation est double. Il faut sélectionner des étudiants brillants, aux parcours et aux connaissances très variés. Nous devons ensuite les préparer à des métiers et à des secteurs d'activité toujours plus nombreux et nouveaux. Cette diversité en amont et en aval de l’École est une richesse : avec leurs compétences et leurs expériences personnelles, nos diplômés ne se contentent pas de s'insérer dans le monde socio-économique. Ils l'enrichissent et contribuent à le transformer.