Prix Robert B. Guenassia : Evrard Constant distingué pour ses travaux au MIT
Lauréat du prix Robert B. Guenassia, décerné aux étudiants de CentraleSupélec poursuivant leurs études au MIT, Evrard Constant poursuit actuellement un Master of Science en ingénierie aérospatiale au sein de l’institution américaine. Il est récompensé pour l’excellence académique et la qualité de ses recherches sur les systèmes de propulsion électrique pour l’aviation.
Ingénierie aérospatiale : de CentraleSupélec au MIT, le parcours d’Evrard Constant
Après une classe préparatoire au collège Stanislas, Evrard a poursuivi sa formation d’ingénieur à CentraleSupélec, où il a progressivement construit son projet académique et professionnel, en explorant différents domaines avant de se spécialiser en ingénierie aérospatiale. Une année de césure effectuée entre la Direction générale de l’Armement et Safran Aircraft Engines a confirmé son fort intérêt pour le domaine.
Admis au Massachusetts Institute of Technology (MIT) en tant qu’étudiant en Master, il rejoint le département d’Aéronautique et d’Astronautique, où il travaille aujourd’hui sur un enjeu clé : lever les verrous technologiques liés à l’électrification de l’aviation.
Un parcours guidé par la rigueur, la curiosité et le goût des défis technologiques.
Pouvez-vous nous parler de votre parcours avant CentraleSupélec ?
J’ai grandi à Paris, où j’ai suivi une classe préparatoire aux grandes écoles d’ingénieurs au Collège Stanislas après un baccalauréat scientifique. Depuis toujours, je suis passionné par la compréhension du monde physique à travers les mathématiques et la rigueur scientifique. Cet intérêt m’a naturellement conduit à une formation d’ingénieur généraliste, qui permet d’explorer différents domaines avant de se spécialiser.
Pourquoi avoir choisi CentraleSupélec ?
CentraleSupélec s’est imposée à moi grâce à la qualité de sa formation généraliste. L’École m’a donné l’occasion de découvrir différents domaines de l’ingénierie avant de me concentrer sur l’aérospatiale. CentraleSupélec entretient également des liens étroits avec les entreprises et l’industrie, qui se sont concrétisés lors de mon année de césure. Cette expérience a joué un rôle décisif dans la confirmation de mon projet.
L’inspiration et la motivation
Pourquoi avoir choisi l’aérospatial ?
Mon intérêt pour ce domaine s’est réellement précisé lors de mon année de césure à la DGA et chez Safran Aircraft Engines. J’y ai découvert des systèmes d’une grande complexité, soumis à des contraintes extrêmes et exigeant un niveau de rigueur très élevé. L’ingénierie aérospatiale permet également d’aborder des problématiques variées, ce qui correspond à mon souhait de conserver une approche généraliste tout en travaillant sur des technologies de pointe.
Au MIT : relever les défis de l’aviation électrique
Pourquoi le MIT et l’ingénierie aérospatiale ?
Je souhaitais compléter ma formation et me confronter à une autre manière de penser l’ingénierie. Avec le recul de mes expériences, j’avais identifié que les systèmes de refroidissement des systèmes de propulsion électrique constituaient un obstacle à l’électrification de l’aviation, et j’étais convaincu de pouvoir contribuer à résoudre ce problème au sein de l’écosystème de recherche exceptionnel du MIT.
Quels projets menez-vous actuellement ?
Je travaille au Gas Turbine Laboratory, le laboratoire de turbomachinerie du MIT, sur le développement de systèmes de propulsion électrique pour l’aviation. L’un des principaux défis réside dans la densité de puissance des machines électriques. Aujourd’hui, augmenter la puissance des systèmes implique d’en accroître la taille et la masse, « au carré », si j’ose dire, ce qui est incompatible avec les contraintes de l’aéronautique.
Nos travaux, en collaboration avec l’équipe de recherche, visent à démontrer la faisabilité de systèmes propulsifs électriques ultra-compacts, capables d’atteindre des niveaux de puissance de l’ordre du mégawatt. Le projet a connu plusieurs avancées importantes et ses résultats seront présentés lors d’une conférence internationale cet été.
Pourquoi ces recherches sont-elles importantes ?
Aujourd’hui, l’électrification de l’aviation reste limitée (puissance embarquée marginale pour de petits appareils comme les taxis aériens électriques). Lever les verrous technologiques que j’ai évoqués permettrait d’élargir l’usage et de réduire de manière significative l’impact environnemental du transport aérien. Des instituts de recherche comme la NASA, des universités, ainsi que les industriels qui conçoivent les moteurs d’avion, tels que General Electric et Safran Aircraft Engines, investissent des moyens humains et financiers considérables pour relever ce défi. Au MIT, avec notre petite équipe de recherche extrêmement compétente et agile, nous sommes dans la course !
Le prix Robert B. Guenassia : une reconnaissance de la formation et du travail accompli
Que représente ce prix pour vous ?
Le prix Robert B. Guenassia est à la fois une reconnaissance de mes travaux au MIT et une manière pour moi de remercier CentraleSupélec. La formation reçue à l’École m’a parfaitement préparé à aborder des projets complexes, à structurer mes recherches et à collaborer étroitement avec divers acteurs industriels et académiques. Je tenais également à remercier l’École de m’avoir offert l’immense chance de poursuivre ce parcours et d’avoir nourri mon intérêt pour l’aérospatial, un domaine porteur de projets passionnants.
Quelques conseils pour les étudiants qui visent un parcours similaire ?
Osez candidater ! Les formations françaises, comme CentraleSupélec, sont reconnues à l’international. Multipliez les expériences professionnelles et les projets pour acquérir des compétences concrètes à valoriser lors de vos candidatures. Enfin, prenez le temps d’explorer différents domaines afin d’identifier celui dans lequel vous excellez.
Je tenais également à remercier mon directeur de recherche, mon équipe de recherche au MIT, ainsi que toutes les personnes incroyables que j’ai rencontrées aux États-Unis.